[Conf] Embuscade -Chapitre 4-

   Embuscade -Chapitre 4-
Chapitre4:

Scrutant les alentours, Scarloc cherchait une arme. Toutes brisées, comme ceux qui les avaient portés... Soudain, il aperçu une forme curieuse qui émergeait d'un tas de cadavres. En mesurant chacun de ses gestes, il s'approcha d'elle et l'extirpa des dépouilles déjà gelées. L'imposante arbalète wolfen semblait intacte et portait une lourde lame en son extrémité.

Scarloc sourit et jeta un regard triomphant au monstre, qui découvrit ses crocs en une hideuse grimace. Le wolfen arracha un énorme carreau du corps d'un alchimiste et l'engagea dans son arme. La créature feula, comme si elle avait compris ce qui allait lui arriver. Lentement, il hissa l'arbalète sur son épaule valide en grimaçant. Sa vue se troublait, ses membres tremblaient, il n'aurait bientôt plus la force...Scarloc mit son adversaire en joue et posa son doigt sur la détente.

Soudain, une douleur fulgurante irradia de sa blessure, le faisant tombera genoux. Le monstre hurla et couru vers lui. Des étoiles dansaient devant ses yeux, dans un ultime effort, Le wolfen leva son arbalète au moment où la créature sautait sur lui. Elle vint s'empaler sur la lame dans un gargouillis de surprise. Du sang chaud gicla sur la fourrure de Scarloc. Alors, avant que le monstre n'ait le temps de le transpercer avec ses membres dorsaux, comme il avait pu le voir dans d'autres combats, Il appuya sur la gâchette.

La corde lâcha, le bois se détendit, et le carreau se ficha dans la tête de son adversaire. Chancelant, Le wolfen se releva et tituba jusqu'à l'endroit où se trouvait sa hache. Elle semblait l'attendre, elle était sa compagne. Empoignant son manche, il leva la tête vers le ciel. Yllia n'était plus là. Ses forces l'abandonnèrent, il se sentait partir. Scarloc tomba à la renverse dans la neige. Sa vision se troubla de nouveau et il eut l'impression que les flocons de neige qui tombaient du ciel l'enveloppaient.

Lorsqu'il reprit conscience, son corps n'était plus que douleur. Scarloc ouvrit péniblement les yeux. Aussitôt, un vieux wolfen l'incitât à rester allongé.

-Tu reviens de loin. Repose-toi, tu en as besoin.

Mais Scarloc avait de nouveau sombré dans l'inconscience. A son réveil, l'ancien vint de nouveau lui parler.

-Tu as sauvé notre meute et nous te sommes redevables à jamais. Tu es le bienvenu parmi nous et tu seras traité comme l'un des nôtres.

Les siens étaient morts, et ceux qui avaient survécu étaient des traitres. Le wolfen soutint le regard du vieux sage, mais ne répondit pas. Sentant son hésitation, l'ancien sortit, laissant Scarloc seul. Le wolfen scruta son entourage. Sa hache était la et sa lame gelée luisait dans la pénombre. Il se leva, ignorant les protestations de ses muscles endoloris. Saisissant son arme, il sortit de la hutte. Yllia était là, et il la regarda longuement avant de se mettre en route. Combien de monstres issus de lui y avait-il ? Il l'ignorait, Il savait juste qu'il ne trouverait pas le repos avant de les avoir tous tués.

FIN


# Posté le jeudi 05 juin 2008 15:42

Modifié le samedi 21 juin 2008 16:11

-Pleine Lune-

-Pleine Lune-
J'ai écrit ce court récit pour représenter le conflit intérieur des humains et parce que j'adore les loups-garous.Je trouve que c'est une bonne représentation de L'Homme.
La part civilisée, et la bête qui est en chacun de nous,parfois elle prend le dessus...


PLEINE LUNE

Le ciel est rouge. Il se couche tandis qu'Elle se lève. Tous deux seront absents l'espace d'un instant. Ça y est la nuit point ; les astres s'allument. Je cours dans le foret, il faut que je m'éloigne. Cette fois je gagnerais. Je me sens mal. Je transpire mais j'ai froid. Mes yeux me brulent et je frissonne. Mon c½ur bat la chamade. Ma course folle me mène au milieu d'une clairière. Epuisé, je m'appuie contre un rocher.

-N'es tu pas fatigué de fuir ainsi la réalité ?

C'est fini lui dis-je. Tu n'existe plus, je suis le maitre et je le resterais.

La bête ricane.

- Allons, tu sais bien que c'est faux.

SILENCE !

-Pourquoi rejettes-tu ainsi ta vraie nature ? Pourquoi ne te montres tu pas sous ton vrai jour ?

Tais-toi : Tu n'es pas moi !

Ma tête semble sur le point d'exploser Je tombe à genoux.

-Tu sais très bien qui je suis... En vérité je suis toi, et tu es moi!

TU MENS !

-Il est temps que je te montre qui tu es une bonne fois pour toutes.
Tu ne réussiras pas. Tu n'es qu'un monstre !

-Oui, nous sommes des monstres et tu adores ça... je vais te le prouver...

Un rugissement sauvage retentit dans mon âme. Les battements de mon c½ur résonnent sourdement à mes tympans, ponctués par le ricanement de la bête. Ma peau me pique, me démange, me brûle, dévorée par sa colère ardente, et se couvre d'épais poils noirs. Mes vêtements se déchirent, incapables de contenir le monstre que je suis en train de devenir.

Je porte mes mains à ma tête pour ne pas succomber à l'intolérable douleur qui me traverse. Je la serre de toutes mes forces. Elle semble sur le point d'éclater. Des griffes déchirent l'intérieur de mon âme. Je sens mes oreilles s'allonger sous mes paumes ; mes traits s'étirent pour former un visage bestial. Le gout cuivré du sang envahit ma bouche lorsque des crocs déchirent mes gencives et son odeur éc½urante parvient à mes narines lorsque quand les griffes qui poussent au bout de mes doigts crispés, creusent des marques écarlates sur la peau de mon crane.
Ma vue se trouble alors que mes pupilles se fendent pour façonner un regard de prédateur. Et tandis que mon âme est dévorée, dans un dernier réflexe d'opposition, je hurle, NON !

Mais ma voix n'est plus qu'un horrible grognement qui se perd dans la nuit. Alors, triomphante, la bête se dresse et pousse un long hurlement de victoire à l'adresse de la pleine lune.

# Posté le jeudi 05 juin 2008 16:03

Modifié le samedi 13 septembre 2008 13:31

-La légende de Lineik-

-La légende de Lineik-
J'ai écrit ce texte pour le concours étonnant voyageur 2008, juste pour me changer les idées et pour motiver mon frangin. J'avoue ne pas avoir mis assez de sérieux dans l'écriture de cette nouvelle...L'incipit (en italique) est de Jean Claude Mourlevat. Photo d'Héloise prise sur sa galerie qui vaut le détour, avec son accord.

LA LEGENDE DE LINEIK

En Islande existait autrefois dans les campagnes une coutume bien établie : le soir de noël, on mettait ses plus beaux habits et on se rendait tous ensemble, à pieds, à la messe de minuit. Tous, sauf une personne qui restait pour garder la maison, veiller sur le bétail et préparer le bon repas qu'on ferait en rentrant. Or une malédiction semblait frapper la ferme du vieux Jon, nichée au fond d'un fjord de la côte ouest, loin de tout. Chaque année, depuis six ans, on retrouvait mort celui qui c'était dévoué. Et c'était chaque fois la même désolation : la table brisée, le repas saccagé,les meubles renversés ,la cheminée éteinte et le malheureux couché dans la neige devant la porte ouverte, sans vie. Le brave Jon en était tellement affligé qu'au début du septième hiver il prit sa décision. Il réunit tous ses employés et leur dit : -Cette année, je garderais moi-même la maison. C'est la mienne après tout. C'est alors qu'arriva pour travailler dans la ferme une jeune fille du nom de lineik. Personne ne la connaissait, ni ne savait d'où elle venait. Comme les fêtes approchaient, elle alla trouver le vieux Jon et lui demanda :

- Etes-vous content de moi ?

-Oui, tout a fait content.

-Eh bien je resterais à une condition : laissez-moi garder la ferme le soir de Noël.


Jon réfléchi à la proposition de Lineik. Il ne pouvait décemment pas laisser une jeune fille sans défense le soir ou les gens mourraient dans sa ferme. Sentant la réticence du fermier, elle ajouta : - Je n'ai pas de famille et vous avez certainement envie de passer cette nuit avec la votre. La jeune fille sourit pour appuyer sa demande. Jon, attendri par la beauté angélique de Lineik, ne parvint pas à refuser. Vint le jour de Noël. La petite ferme de Jon était ensevelie sous la neige, et la route était longue jusqu'à l'église. Le fermier décida donc de partir au crépuscule. Il se dirigea vers la barrière accompagné de sa famille, de ses employés et de Lineik.

La neige se mit à tomber, le soleil couchant faisant scintiller les flocons d'une multitude de reflets argentés. L'espace d'un battement de paupières, Jon crut voir une paire d'ailes blanches derrière la jeune fille qui lui tendait une outre de vin chaud. Secouant la tête pour reprendre ses esprits, Il saisit le présent de Lineik et la salua en espérant la revoir vivante. Une Fois seule, la jeune fille s'activa à la préparation du repas. Noël était une fête et il se devait d'être copieux. Bientôt, une délicieuse odeur emplit le salon. Lineik se mit à éplucher les pommes de terre qui accompagnaient la soupe de mouton fumé et sortit une miche de pain toute fraiche du four. Jetant un coup d'½il par la fenêtre, elle se demanda si le mystérieux meurtrier allait venir l'emporter.

Chassant ces sinistres pensées, la jeune fille jeta une nappe rouge et or sur la table et y mis le couvert. Lineik était sur le point d'aller faire la fameuse sauce au caramel, lorsqu'on frappa à la porte. Surprise, elle alla ouvrir au mystérieux visiteur. Au Seuil se tenait un grand Homme barbu. Quelque peu effrayée par l'apparence bestiale de son visage elle eut un mouvement de recul que le visiteur prit pour une invitation à entrer. Une fois à l'intérieur, Il ôta sa capuche. Il était vêtu d'une simple toge brune mais ne semblait pas souffrir du froid. « Sans doute un moine. » pensa Lineik. Comme s'il avait entendu les pensées de la jeune Fille, l'homme tourna la tête vers elle et lui sourit.

-Merci de m'avoir accueilli, Je me nomme Fenrir. La jeune fille semblait hypnotisée par les yeux dorés de l'homme qui reflétaient la lumière du feu. Incapable de prononcer le moindre mot, elle lui répondit d'un simple hochement de tête et lui désigna une chaise ou Fenrir s'assit en silence. Elle partit se réfugier dans la cuisine, ou elle acheva d'éplucher les pommes de terre et les ajouta dans la soupe en train de bouillir.

-D'où venez vous ? demanda-t-elle à l'homme -Je viens d'un pays lointain que vos ancêtres nommaient Asgard. Mon Père m'a élevé là- bas et je travaille pour lui a présent. dit il avec une lueur malsaine dans le regard.

-Et vous, d'où venez vous ? Vous n'êtes pas un membre de la famille du vieux Jon.

Lineik frémit, comment pouvait-il le savoir ?

-Je ne me souviens pas, j'ai perdu une partie de mes souvenirs à la mort de mes parents. L'étranger sourit de plus belle... Que cachait-il donc ?

-Pourquoi gardez vous cette maison si vous n'êtes pas de la famille du vieux fermier ? Ceux qui la gardent le soir de noël meurent. N'êtes vous pas effrayée ?

Ajoutât-il en se levant. La jeune fille terrorisée ne répondit pas. S'il était étranger, il ne pouvait pas être au courant de la terrible malédiction qui frappait la ferme le soir de noël.

-Où se trouve votre Pays ? Balbutia –t- elle en espérant stopper l'avance de Fenrir.

-Voyons Lineik, vos Parents ne vous ont –il pas souvent conté cette histoire ? Asgard, la terre des dieux ? Ne vous ont il pas mit en garde contre les fourberies de mon Père, Loki ? Je suis son fils, son émissaire, chargé de récolter les âmes égarées, depuis six hivers je fauche les âmes des membres de la famille de Jon et voila que cette année, elle décide d'envoyer une étrangère ? N'êtes vous pas au courant du pacte conclut avec mon père en échange de la prospérité de la ferme ? N'avez-vous pas remarqué la désinvolture de la compagne de Jon lorsqu'il parlait des morts survenues le soir de Noël ?

-Qui êtes vous réellement ? murmura-t-elle submergée par la terreur.

-Je suis Fenrir, Fils de Loki et avatar de la Mort ! Le Pacte est rompu ! Je ne peux emporter ton âme, mais il est en mon pouvoir de te dévorer ! hurla-t-il !

Lineik vit distinctement les oreilles de Fenrir s'allonger. D'un geste brusque, il déchira sa toge de cuir, révélant un corps massif recouvert de fourrure. Un puissant grognement monta de sa poitrine et il sauta sur la table, éparpillant les victuailles et fracassant les plats au sol. A présent, un énorme loup à la fourrure noire toisait la jeune fille terrorisée de ses prunelles ardentes du désir de la dévorer. Luttant contre sa peur, elle empoigna l'énorme couteau à viande qu'elle venait d'utiliser pour découper les pommes de terre. Inspirant profondément, elle hurla au loup :

-Je ne crains pas la noirceur de tes actes et je suis protégée de ton influence maligne. Mon âme n'est pas égarée et j'ai trouvé en ces lieux une nouvelle famille et un foyer qui m'ont accueilli à bras ouvert. A présent sois bannie de ces lieux maudite créature !

Soudain, la porte s'ouvrit brutalement, et la neige s'engouffra dans la pièce. Profitant du moment d'inattention de Fenrir, Lineik se jeta sur lui dans l'espoir de le faire fuir. Le loup reporta son attention sur la jeune fille. Le vent faisait voler ses cheveux blonds et la neige tourbillonnante formait une paire d'ailes irréelles derrière elle. Tétanisé par l'aura de pureté qu'elle dégageait, Fenrir n'eut pas le temps de réagir et il glapit lorsque le couteau lui perça la chair. Lineik recula, tremblante et contempla le cadavre du loup, baignant dans une flaque de sang. Elle sursauta lorsqu'elle entendit la voix de Jon et se jeta dans ses bras, rassurée d'avoir survécu à la nuit qui aurait du lui être fatale.



# Posté le jeudi 05 juin 2008 16:06

Modifié le lundi 23 juin 2008 12:08

-Lettre d'un poilu au président-

-Lettre d'un poilu au président-
Sujet d'invention facultatif réalisé en début d'année. Un poilu, après la guerre, j'allais pas me priver... Dénnoncer les horreurs de la guerre à travers la lettre d'un poilu au président.Un petit 18 ça fait pas de mal. En hommage à tous les poilus; qui ont tous rejoint le ciel. On a perdu un bout de L' Histoire.

Lille, Octobre 1919
Monsieur le Président,

En déclarant cette guerre, vous m'avez volé mon humanité. Rendez là moi ! Lors du recrutement, on m'a promis de me faire découvrir de nouvelles contrées. Quand je suis arrivé à Verdun en1916, qu'on m'avait décrit comme une région verdoyante, avec une population chaleureuse, je n'y ai trouvé que villages en ruines, paysages désolés, vastes étendues de boue et de cendres ainsi que des champs de croix en bois qui s'étendaient jusqu'à l'horizon...
Les sépultures des soldats morts pour un pays qui n'était parfois pas le leur. Que reste-t-il d'eux ? Un nom sur des archives militaires classées confidentielles auxquelles les familles n'auront pas accès ? Une vulgaire croix en bois avec une plaque d'identification militaire en guise de pierre tombale ? Ces fosses ne sont même pas des sépultures décentes...Ce qu'il reste d'eux est jeté dans le sol
à même la terre, sans un linceul pour les envelopper. D'autres n'ont pas cette « chance », ils sont entassés dans d'immenses charniers, sans distinctions de camps. Certains disparaissent sans laisser d'autres traces qu'un regard implorant ou un hurlement dans la mémoire d'un autre qui le voit pulvérisé par un obus. Ils s'évaporaient dans une explosion de terre, couvrant le malheureux témoin de charpie humaine.

Tous ces morts, il ne reste rien d'eux. Les tombes et les charniers crevaient sous les bombardements de l'artillerie, vomissant des cadavres mutilés au-delà d l'imaginable. En ces moments, les morts se mêlaient aux vivants. Non il ne reste rien d'eux, si ce n'est le souvenir d'un homme courant sur des moignons éclatés, d'un autre suffoquant, ses poumons hors de se poitrine. L'image d'un enfant appelant sa mère, les entrailles répandues sur le sol, éventré comme on aurait éventré un porc... On nous envoie nous, les soldats courir sous une pluie d'obus, se jeter devant les mitraillettes. Ces terribles armes arrachent le visage d'un homme. Chaque fois que je ferme les yeux, je vois le visage de mon frère, transformé en une bouillie sanglante par une rafale. Je ne peux oublier ses yeux, son regard m'appelant à l'aide...

Les gueules cassées... Mutilés au-delà de l'imaginable, leurs visage arrachés par des éclats d'obus grands comme la main ou désintégrés par une rafale de mitraillette, comme mon frère. Eux à présent on perdu leur humanité car leur visage est maintenant façonné pour ressembler à celui de la guerre !

Afin de recruter de nouveaux hommes on explique aux jeunes qu'à la guerre, on devient «un homme» ! Foutaises ! On devient moins que des animaux... Les instincts les plus bas sont réveillés, les pulsions sauvages et sanguinaires.
Toutes ces réactions bestiales enfouies si profondément dans nos âmes que nous les avions oubliées ...
Au front, vous n'êtes plus vous-même : C'est tuer ou être tué .Il n'y a pas un instant de répit. Il faut même se battre pour sa nourriture ! Les rats qui infestent nos tranchées, si énormes que les recrues les prennent pour des chats la première fois qu'ils en voient un...
Ces immondes bêtes, avec leurs têtes pelées, leurs queues ondulantes comme des serpents mangent notre pain ! Ils grimpent sur les murs, nichent dans le bois des caisses pour l'atteindre. Et si vous le gardez sous votre casque, pendant la nuit, leurs pattes griffues vous écorchent le visage quand ils tentent désespérément de l'attraper.

C'est ainsi qu'on perd le peu de sommeil qui nous est accordé. Le froid est mordant ; les cris et les gémissements des mourants tombés trop loin sur le no man's land pour être secourus vous empêchent de fermer l'½il. Alors, vous croquez dans votre pain pour tenter vainement de récupérer des forces, et, vous vous rendez compte qu'il crisse sous vos dents et qu'il est plein de terre.

A ce moment là, vous réalisez que vous ne reprendrez jamais une vie normale, que la terre qui emplit votre bouche, votre pain, vos vêtements, celle dont est constituée les tranchées qui vous entoure est celle de votre propre tombe. Que ce couloir creusé dans le sol est un charnier. Vous comprenez que vous êtes mort ; que vous n'êtes plus qu'un corps vide. Vous vous apercevez que l'homme que vous étiez avant le conflit, a disparu, car vous l'avez forcé à aller à l'encontre de ses principes.

Et en remerciement, j'ai reçu un costume et une pension de cinquante francs ? J'ai tout perdu ; jusqu'à mon humanité pour cette guerre. Maintenant que le conflit est terminé, je n'ai plus aucune raison de vivre mes camarades sont morts, ma famille aussi. Seulement contrairement à eux, j'aurais droit à une sépulture décente.

Jean Valmier

# Posté le jeudi 05 juin 2008 20:20

Modifié le lundi 23 juin 2008 20:06

[Poèmes de Haine] -Avenir-

[Poèmes de Haine] -Avenir-
Poème écrit en devoir de Français 2 heures. J'ai oublié 2 vers sur mon brouillon (mince alors ! j'aurais eu 18 si je les avais pas oubliés!). Je l'ai réedité pour la fête des mères:


AVENIR

Le soleil se couche,
Sur une mer aux reflets carmins
Assise sur une souche,
Le regard perdu au loin

Elle contemple l'agonie du crépuscule lointain
La mort silencieuse de cet instant sans fin,
Fait naitre une peur insidieuse dans son esprit enfantin.

A quoi bon travailler
Si c'est pour voir ses projets avortés
P
ar une vulgaire feuille de papier ?
Pourquoi ne pas choisir la facilité,
Puisqu'on est jugés sur dossier ?

Ce ne sont pas les chiffres qui lui seront utiles dans la vie,
Mais ces songes merveilleux murmurés à demi,
Que sont l'écriture et la philosophie.

Les promesses anonymes du lendemain,
Susurrées par les serpents du destin,
Qui crachent leur venin Sur la sagesse des savoirs anciens

Sont les réponses silencieuses de son avenir incertain,
Dirigé par des S et des bulletins malsains.

# Posté le vendredi 06 juin 2008 19:38

Modifié le samedi 18 octobre 2008 15:13