Le vent soufflait dans la gorge enneigée, soulevant de fins tourbillons de poussière blanchâtre qui flottaient autour du champ de bataille désert; Telle une brume irréelle dans laquelle Yllia faisait jouer ses pâles rayons. Le sol était jonché de cadavres. Des corps de wolfens, d'hommes et d'aberrations mêlés dans une étreinte mortelle souillaient le blanc manteau de la neige de leur sang qui s'écoulait de leurs plaies béantes.
Beaucoup de ceux qui l'avaient suivi avaient péri. Scarloc regardait le monstre engloutir les restes du soldat qu'il lui avait jeté. Son macabre repas terminé, la créature tourna la tête vers le wolfen, qui découvrit les crocs en un rictus méprisant. Chacun lut la haine dans le regard de l'autre. Ce serait instinct contre instinct, prédateur contre prédateur. Serrant le manche de sa hache, le wolfen se mis à tourner autour du monstre qui ne le lâchait pas du regard.
Soudain, la créature hulula et se précipita sur Scarloc. L'attaque fut rapide, mais le wolfen avait anticipé l'assaut. Il avait levé sa hache, bloquant les membres dorsaux effilés de la créature, qui tenta de le saisir à la gorge. Scarloc se jeta au sol pour éviter la morsure fatale et se releva d'un bond pour éviter que le monstre ne le plaque au sol. Grognant il s'élança sur le monstre et lui asséna un puissant coup de hache que la créature évitât sans difficulté.
L'arme resta fichée dans la roche. Scarloc n'eut pas le temps de la dégager avant l'attaque de la créature, qui lui mordit profondément l'épaule. Rugissant de douleur le wolfen lacéra le visage de la créature de ses griffes pour la faire lâcher prise. Il se dégagea des mortelles mâchoires du monstre désormais borgne. Sans détacher le regard de son adversaire, il palpa sa blessure, Profonde, malodorante... « Sans doute empoisonnée. » Songea-t-il. Serrant les dents, il se mit en quête d'une arme: La sienne était fichée dans la roche sous la garde de la chose. Il devait agir avant que le venin ne le mette hors combat.
